Lol, c'est marrant dans ce débat où chacun campe dans ses positions.
Mais, je crois qu'on devrait d'abord dire ce que chacun entend par esclavage. En lisant les posts des uns et des autres, je comprends que pour certains, l'esclavage, ça se réduit à ce que faisaient les arabes et les européens quand ils venaient acheter/kidnapper des africains pour les transporter dans d'autres contrées et les y vendre en tant qu'esclaves.

Mais seulement, il faut rajouter qu'il y a d'autres formes d'esclavage. Autrefois, lors des guerres entre tribus, communautés, ethnies, les prisonniers de guerre étaient des captifs transformés en esclaves. Et les Soninké faisaient aussi ces guerres, capturaient aussi des prisonniers de guerre et les transformaient aussi en esclaves. Cela ne veut pas dire que la condition d'esclave de ces esclaves captifs était identique à celle des esclaves transportés en Amérique à l'époque.

Chaque société avait ses règles. Et il n'est pas sûre que d'une société africaine à une autre, les règles régissant la condition des esclaves étaient les mêmes. Les Soninké avaient leurs propres règles régissant la condition de leurs esclaves.

Donc, oui, la société Soninké pratiquait, elle aussi, à sa façon, de l'esclavage, une autre forme d'esclavage, comme beaucoup d'autres sociétés africaines. Et les traces sont restées indélébiles jusqu'aujourd'hui au 21ème siècle. Des traces indélébiles, de la même manière que les traces de la traite négrière sont restées, elles aussi, gravées dans l'histoire de l'humanité. Qui nierait la traite négrière en voyant tous ces millions d'américains noirs aux Etats-Unis?


Dans la société Soninké, on parle même de "kaccinto" [ (lire katchinto) qui vient de "kacce" (corde) ] pour désigner les esclaves.

Néanmoins, il ne faut pas oublier de rappeler aussi que, dans la société Soninké, une famille pouvait se retrouver dans la classe sociale des "Kome" alors que son ancêtre parmi les Soninké n'avait pas été capturé lors d'une guerre. Certains étrangers qui arrivaient dans un village pouvaient être automatiquement classés dans la classe sociale "kome" sans que l'on sache leur passé. Dans la société Soninké, personne n'était laissé sur la touche. Tout le monde appartenait forcément à un groupe.