Citation Posté par Fodyé Cissé Voir le message
S'ajoute à cela que les jeunes Soninké, au village, refusent souvent certains métiers qu'ils considèrent comme dévalorisants; tout le monde espérant un jour mettre un pied en France.

Résultat, ce sont les "étrangers" qui font ces boulots de menuisiers, de maçons, de ferrailleurs, etc...

A part cultiver la terre pendant la saison des pluies, beaucoup de ces jeunes Soninké sont bons à rien. Et encore, beaucoup de familles ne cultivent même plus leurs terres.

Quand il n'y a pas d'école, ils passent toute la journée à jouer au Foot et à boire du thé '"warga".
Pire, ceux qui ont les papiers français ne foutent généralement rien à l'école, car, ils ont en tête que quoi qu'il arrive, ils partiront en France, l'eldorado.

Salam

C'est triste mais c'est vrai.
D'ailleurs car je fais des remontrances à des jeunes de mon âge au Tel ou sur msn, leur réaction est brutale.

<< Arretez de nous prendre la tête, vous etiez là comme nous. Nous n'avez pas à songer à tel ou tel metier... Vous avez gouté aux euros et vous croyez que la grâce d'Allah se limite à vous. Un jour, on ira comme vous en France. D'ici là, on boit du thé, on gère les filles parce que :
A mi jogno nia a ti légueri no ya ( on est pas les premiers et nous ne serons pas les derniers ).>>.

Cultiver la terre est devenu pour un jeune de nos villages un travail devalorisant. Ce qui vont aux champs sont contraints d'y aller parce que y a un vieux, un frere , un oncle autoritaire.
Dans les maisons où l'autorité est tenue par les jeunes, l'hivernage est pareil que la saison seche, la seule difference est qu'il y a la pluie.

Pour ce qui est des jeunes qui ont espoir d'avoir une nationalité, faire des etudes au Pays n'a pas de sens.
Combien de jeunes Diawarankos, Mouderinkos de ma clase disaient:
<< Nous sommes là juste pour faire passer du temps en attendant d'avoir nos papiers>>. Ils etaient nombreux. Comme ils ont cette idée en tête, les etudes deviennent un amusement et les profs sont pris souvent à partie.
Ils font tout pour se faire exclure.
C'etait drôle parce que je me voyais pas dans leurs delires malgré que j'avais espoir d'avoir ma nationalité comme eux.

Mais ma philosophie etait : << Rien ne sert de courrir, il faut partir à point.>>.

Hélàs, beaucoup de jeunes n'ont pas pu decrocher un diplôme à cause des ces idéos pareils.

C'est triste. D'un coté, les enfants sont fautifs mais les parents immigrés ont aussi une part de responsabilité.