Bonsoir,
Le philosophe et l'homme dont les cordes sonores m'avaient beaucoup accompagné durant ma vie estudiantine, à savoir El hadji Ganda Fadiga, rahimahu lâh, avait dit une phrase on ne peut plus vraie : « Danbe ke ni naafila ña », c’est-à-dire : « La généalogie est surérogatoire [ou superfétatoire]».
La profondeur morale de cette belle phrase métaphorique est irréfutable. Elle veut dire que le fait d'être simplement issu d’une bonne famille, d’une grande lignée ou d'avoir des parents respectables et respectés ne sont pas toujours des garanties suffisantes, si on ne prend pas bien garde de soigner soi-même sa propre image, de respecter les gens et de se faire respecter. Cette phrase signifie donc qu’il revient à l’individu de consolider ses acquis. La phrase déconseille en filigrane à tout le monde de s’endormir sur ses lauriers, en pensant que son extraction sociale, généalogique, familiale ou statutaire volerait à son secours dans toutes les situations. En un mot, le simple fait d’être issu d’une bonne famille ne suffit pas, si on ne travaille pas à garder intacte la réputation de celle-ci. A titre d’exemple, ce n’est pas parce qu’on est issu d’une famille maraboutique que l’on devient de facto un marabout, même quand on ne sait pas psalmodier correctement la Fatiha. Ce n’est pas non plus parce qu’on est le fils du chef de village que les gens vous doivent aveuglement obéissance. C'est peu de dire que la phrase de Ganda va aux antipodes de toutes ces constructions sociales et dynasties sans fondement qui ont droit de cité dans nos milieux. Au total, sa phrase veut dire qu’il revient à chacun de nous de forger sa propre place dans la société et non pas à nos extractions sociales, familiales, statutaires ou généalogiques de plaider en notre faveur.


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