Citation Posté par Fodyé Cissé Voir le message
Le terme "Piye" chez nous ne me dit rien. Par contre Katunde et Lappe, ce sont des choses que les femmes font. C'est devenu un Laada.

Moi, je comprends que ce sont des aides que les femmes se font mutuellement. Katunde vient de Kitte Katunde.

Lorsqu'une femme a un mariage, ses proches l'aident à faire face aux frais, aux dépenses, notamment ce qu'on doit donner aux ñaxamalanu.

Le problème dans tout ça, c'est que dès fois, il y a abus.

Bonjour!

En réalité, le mot piye est d'origine peule (ou poular), qui vient du mot fiide ou fiyande, qui signifie dans cette langue frapper, déposer, c'est-à-dire la même chose que katunde (avec la main) en soninké, comme tu l'as si bien expliqué.

Pour dire un mot au sujet de cette entraide féminine, notons, comme tu le dis, à la base ce sont les femmes soninkées qui s'aidaient mutuellement lors des mariages, des impositions des prénoms. Elle consistait à toutes les femmes du village à constituer en quelque sorte ce qu'on appelle aujourd'hui une enveloppe pour aider celle qui organise un évènement heureux. C'était une très bonne chose. Il s'agissait d'une solidarité communautaire et villageoise.

Mais aujourd'hui, dans certains endroits du pays soninké, cette solidarité est carrément dévoyée de tout son sens. Comme l'a justement dit Jaxawuru plus haut, aujourd'hui la femme qui organise l'évènement note les noms des personnes présentes à son évènement et les montants qu'elles ont cotisés. Elle fait cela pour les rembourser au centime près le jour où elles organiseront à leur tour un évènement pareil, ce qui signifie que ce n'est plus une solidarité, mais une dette que l'on doit s'en acquitter par obligation sociale. Vu les abus qui entoure le piye, nombreux sont les villages soninkés qui ont mis en place des stratégies pour canaliser le gaspillage qui consistait à distribuer, aussitôt l'événement fini, tout l'argent récolté, aux ñaxamalanu et aux gens d'autres groupes sociolinguistiques (halpoular, maures, etc.). Je suis d'accord pour que cette solidarité ne soit pas transformée en gaspillage, au point de faire de nos mères des vaches laitières d'autres gens. Les abus doivent être évités. Bien à tout le monde.