Antilles - La Martinique frappée à son tour par la violence
Alors qu'à la Guadeloupe, au 36e jour de grève, les négociations doivent reprendre ce mercredi dans la soirée dans un climat plus serein, la situation semble s'envenimer à la Martinique : les négociations entre le "collectif du 5 février", les organisations patronales, les élus et le préfet ont même été suspendues. Elles ne doivent reprendre que jeudi à la préfecture de Fort-de-France. Une rupture du dialogue intervenue après une nuit de violences. Au moins trois véhicules ont été incendiés et plusieurs magasins pillés dans la nuit de mardi à mercredi à Fort-de-France en Martinique tandis que les négociations sur la hausse des salaires se poursuivaient en préfecture.
A l'entrée sud de Fort-de-France, une voiture était en feu au milieu de la chaussée et à quelques dizaines de mètres, une autre voiture avait été renversée dans le sens inverse. A intervalle régulier des débris, dont certains étaient feu, jonchaient le sol. Peu avant minuit, des jeunes masqués pour certains avaient commencé à mettre le feu dans des pneus et des poubelles renversées sur le boulevard du général de Gaulle, entraînant l'intervention de pompiers et de la police.
Trois escadrons de gendarmerie déployés
Face à cette tension, "il y aura des mesures prises par la ministre de l'Intérieur (Michèle Alliot-Marie) pour que, comme ça a été fait en Guadeloupe, ces violences soient jugulées", a dit mercredi Yves Jégo sur France Info. Déjà, trois escadrons de gendarmes mobiles ont été appelés en renfort. Certains ont pris place autour de la préfecture de Fort-de-France d'où l'on pouvait entendre des détonations vraisemblablement provoquées par les tirs de grenades lacrymogènes ou d'explosions des voitures en feu.
La voiture d'un des membres de la délégation patronale a été incendiée, selon la police. Par ailleurs, plusieurs magasins dont une bijouterie ont été vandalisés au cours de la nuit sur les hauteurs de Fort-de-France et dans la ville. Ces actes de vandalisme seraient le fait d'une cinquantaine de jeunes venus de certains quartiers de Fort-de-France et se déplaçant rapidement face à l'avancée des forces de l'ordre, selon des sources policières notamment. La tension était encore palpable vers 7 heures.
"Nouvelles propositions"
A la Guadeloupe, le préfet a annoncé mercredi que la prochaine réunion, initialement prévue dans la journée, aurait lieu mercredi dans la soirée. Par ailleurs, le préfet a souligné par ailleurs que la nuit de mardi à mercredi n'avait été émaillée d'aucun incident. Dans la matinée, le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a indiqué que "de nouvelles propositions" qui "auront le mérite de la simplicité" seraient faites par les médiateurs dans la journée dans le cadre des négociations sociales en Guadeloupe.
Et "nous avançons dans la bonne direction (...) Il y a sur la table de quoi bâtir une solution", a de son côté estimé Yves Jégo, sur France Info. "Ce que nous voulons, c'est jouer avec le revenu de solidarité active (RSA) (...) c'est en réadaptant sans doute ce complément de revenu qu'on peut arriver à formater une solution", a ajouté le secrétaire d'Etat, peu avant une rencontre avec le Premier ministre François Fillon. La question de l'autonomie sera abordée lors des états généraux annoncés par Nicolas Sarkozy sur l'outre-mer en réponse à la crise en Guadeloupe, a aussi assuré Yves Jégo, promettant que des décisions seraient prises avant l'été.
Le LKP veut maintenant négocier une hausse des bas salaires sur la base d'une proposition de l'Union des chefs d'entreprises guadeloupéens (UCEG), une organisation patronale proche de l'intersyndicale et qui réclame, comme elle, une augmentation salariale de 200 euros. Cette augmentation se décomposerait en 50 euros payés par le patronat et 50 euros payés par les collectivités locales -ces dernières ayant donné leur accord. Les 100 euros restants proviendraient de l'exonération par l'Etat de la CSG et de la CRDS sur les salaires pendant trois ans, en attendant que les chefs d'entreprise prennent le relais. De son côté, le Medef n'a pas rejoint l'UCEG et s'en tient toujours à trois échelons d'augmentation salariale s'étalant de 50 à 90 euros selon l'effectif des entreprises.


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