La question mérite d'être posée. Car, comme j'ai l'habitude de le dire: avant de dire que la véranda de notre voisin est sale, il faut que nous balayons d'abord devant chez nous. Nous sommes les premiers à critiquer ce qui ne va pas en France, mais, chez nous, tout n'est pas rose non plus. Les relations sociales se détériorent de plus en plus chaque jour qui passe dans nos familles.
L'argent occupe maintenant une place importante dans la famille. Et il est souvent source de problèmes.

Je rajouterai au tableau décrit par Makalou que ce qui est aussi flagrant, c'est que bien souvent, les personnes de ton entourage qui mangent le plus ton fric sont les premiers à te haïr, à te détester, à manger ta "chair" (c'est-à-dire à dire du mal sur ton dos). Mais, si tu débarques au pays, tu dois considérer ces personnes là comme tes propres parents, leur donner des cadeaux, de l'argent. Si tu ne le fais pas, là, tu seras accusé de tous les maux de la planète. En fait, quand on vient de France, si on ne distribue pas les billets d'argent à gogo, on n'est pas quelqu'un de bien.

Les gens ne se disent même pas que tous les francinkos ne peuvent pas être tous riches; certains ont des petits salaires, d'autres sont aisés, d'autres ne survivaient qu'avec des petits boulots.

Demba Tandia le disait dans sa chanson : "Sere gebe dalla gune, lenburaaxu fe". Si beaucoup de personnes restent ici pendant des décennies et refusent de rentrer au pays, c'est en partie à cause de ça.

Quand vous regardez chez les woloffs, vous pourrez voir qu'ils n'ont pas ce problème. Ils peuvent faire 10 allers-retours Paris-Dakar-Paris sans être obligés de distribuer leurs économies à toute la tribu à chaque fois qu'ils débarquent à Dakar. Alors que vous le Soninké, à chaque fois que vous partez au pays, vous êtes presque obligé par la société à faire ces sacrifices, même si votre dernier séjour remonte seulement à un mois.