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Bounama Camille SYLLA veut faire bouger la cité

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15-04-2008

Bounama Camille SYLLA, au centre, entouré de ses amis Saboliens. Ils espèrent ensemble lancer des actions pour faire bouger la cité.Le rappeur sénégalais fait monter sur scène les talents des cités. Concerts, festival africain... L'ex sans-papiers a des projets pour Sablé.

Un professeur de lettres au collège Anjou, ex-directeur de l'Alliance française au Zimbabwe qui veut s'investir et donner des couleurs à sa ville (Ouest-France du 9 avril). Un ex sans-papiers Sénégalais, rappeur et organisateur de concerts, qui veut faire bouger la cité. Deux parcours, deux hommes, deux points communs : L'Afrique et Sablé. L'Afrique à Sablé.

Camille Bounama est arrivé en France avec un visa en poche. Mais il n'est pas rentré chez lui, à Tambacounda, au Sénégal. Il avait 18 ans. Un rêve d'Eldorado en tête, comme tous les jeunes de son pays. « À Tambacounda, 59 % de la population a moins de 21 ans. Il y a peu d'activités. Quand mon grand-père allait à Dakar, il disait d'ailleurs : je pars au Sénégal. Moi, mon rêve a toujours été d'organiser un festival pour les jeunes de cette ville déshéritée. » Quitte à choisir la clandestinité pour cela. Il l'a promis à ses « petits frères » en partant : « Dès que ça marche pour moi, je fais quelque chose pour vous. » Il a bossé « au noir », un peu. Galéré pas mal... Et réalisé « qu'il fallait lutter, en France aussi, pour survivre ». Mais le gamin débrouillard - il n'avait pas un radis, à 15 ans, lorsqu'il a organisé son premier concert à Dakar - a vite fait son trou. « Si tu arrives dans un pays, et que tout le monde se met nu, tu te mets nu. J'ai suivi ce conseil de mon père. »

« Allo Tamba »

Casquette des Yankees sur la tête, look streetwear... Camille, le rappeur expatrié, a le verbe facile. De la tchatche, le mot juste qui claque... et un sacré, sacré, culot. « J'ai rencontré le président Wade (Sénégal) lors d'un de ses passages à Paris. J'ai monté un projet avec la préfecture du 95, j'ai été reçu par un sous-préfet. Je suis allé à la place Beauvau, au ministère de l'Intérieur, à l'Unesco, au conseil général. J'ai noué un partenariat avec la chaîne Arte dans le cadre du projet Artecités. » Tout ça, il en rigole, sans un papier en poche. Et quand il a créé l'association Le Monde des idées et des actions, il n'avait « toujours pas de papiers ».

Camille le clandestin a fait monter sur scène de jeunes talents des cités. Il a fait grimper sur ses plateaux des locomotives de la scène hip-hop française. Il a déniché des fonds pour enregistrer un CD Allo Tamba avec « les talents des cités ». Sacrément gonflé ! Mais l'audace a payé. En, décembre, Bernard Laporte, secrétaire d'État à la Jeunesse et aux Sports, lui a remis le prix de l'association Débarquement jeunes. Une récompense pour son action dans les cités.

Il raconte avoir rencontré « François Fillon » et lui avoir demandé « son soutien » pour sa « régularisation ». Et voilà ! Camille est en règle maintenant. Il a aujourd'hui « des attaches à Sablé ». Il veut, « faire ici », la même chose qu'en région parisienne : « Lancer les talents sur scène. Faire venir des artistes, organiser des concerts pour tous les jeunes qui me disent qu'ils s'ennuient dans cette ville. » Il évoque, pourquoi pas, un festival de film africain. Il aimerait aussi organiser « un chantier humanitaire en Afrique ». C'est Sablé, aujourd'hui, que Camille veut faire bouger.

Alan LE BLOA, OUEST-FRANCE

Lire aussi : Bounama Camille Sylla: un (ex) sans-papiers qui fait bouger les cités


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