Salam,
Veuillez trouver ci-joint le rapport moral du président de l'APS :
RAPPORT MORAL DU PRESIDENT à l’assemblée générale ordinaire 2010
Chers Frères et amis,
Au nom de l’APS (Association pour la Promotion de la langue et de la culture Soninké) c’est avec un grand plaisir que je vous présente le rapport moral à l’occasion de ce rendez-vous annuel qui est notre Assemblée Générale.
Toutes les communautés africaines ont apporté leurs contributions à la libération de la France dont les soninké.
Comme vous savez, après la guerre, les soninké étaient les premiers ouest-africains à venir participer à la reconstruction de la métropole. Malgré de graves difficultés de logements, nous nous sommes organisés en formant des lieux de vie qui nous ont permis d’exister et d’accueillir tous les nouveaux venant de toute l’Afrique de l’ouest pour travailler.
Ces lieux de vie qui, avec le temps et la ferme volonté de ses occupants de rester ensemble, sont devenus des foyers des travailleurs africains.
Il faut rappeler qu’à cette époque, la France ne nous créait aucune difficulté quant à la circulation des personnes ni par rapportet aux droits au séjour.
On ne nous appelait pas « immigrés » mais travailleurs africains. La communauté Soninké était essentiellement masculine. La durée du séjour variait de un à trois ans maximum.
C’était quand le droit au séjour a connu des restrictions importantes, surtout avec l’imposition de la carte de résident en 1972 aux ressortissants des anciennes colonies dont le Mali, la Mauritanie et le Sénégal que les difficultés et tracasseries administratives ont commencé.
Ces restrictions ont donc conduit les soninkés à modifier leurs stratégies migratoires. C’était, entre autres, le début du regroupement familial.
Ainsi, la question des enfants Soninké se posait avec acuité. Quels seront les rapports entre ces jeunes etleur langue et culture d’origine ? Comment construire une citoyenneté complète dans ce nouveau contexte dans lequel les parents ne sont pas préparés ?
La formation du CRES (Centre de Recherche pour la Soninké), en 1974 puis la création de l’APS, en 1979, constituaient un début de réponse à cette problématique.
Les débuts furentdifficiles pour l’APS même très difficiles. Mais avec la persévérance, des résultats encourageants ont été obtenus tant pour la langue que pourla culture.
Ceci apermis de déclencher un intérêt grandissant et une mobilisation des Soninké surtout les femmes, et les amis Français aux côtés de l’APS pour multiplier et amplifier les actions.
En ce moment, on comptait autant de bénévoles Français que Soninké. Un grand Merci à tous les amis Français qui ont donné à la communauté le meilleur d’eux-mêmes pendant plusieurs années.
La communauté, devenue réellement familiale face à cette situation, l’APS ne pouvait plus seulement travailler sur la langue et la culture en ignorant les problèmes socio-économiques de ces familles nouvellement installées.
C’est ainsi que le bureau a proposé à l’Assemblée Générale Extraordinaire, en 1984, d’élargir l’objet de l’Association. Après de longs débats, l’élargissement de l’objet a enfin été adopté.
Depuis lors, nous travaillons sur plusieurs tableaux : la scolarité, l’alphabétisation pour les adultes, les problèmes de logement, la médiation, l’accompagnement pour les demandes administratives etc… et toujours la promotion de la langue et la culture. Ces actions socio-économiques ne s’adressaient pas seulement aux soninké.
Ce schéma a été bien accueilli autant par les pouvoirs publics que par les autres partenaires entre autres CCFD, Fondation pour le progrès de l’Homme, GRDR…
Estimant que donner des repères aux enfants, tout en accompagnant les parents dans leur processus d’insertion entraient pleinement dans leurs préoccupations. Ils nous ont fortement soutenusdans nos différentes initiatives. Le Soutien n’a jamais fait défaut et se poursuit encore aujourd’hui. Nous leuren sommes reconnaissants et les remercions très vivement.
Chers Frères et amis,
Dans le cadre de ce travail, nous avons construit le réseau des femmes et celui des jeunes. Ces réseaux étaient des symboles très significatifs et d’excellents points d’appuis pour la conduite des actions en direction de ces publics.
Ce schéma de travail a étéélaboré en 1984 pour répondre aux besoins de la communauté. Peut-il continuer à s’appliquer à cette population devenue désormais une diaspora?
L’ANNEE 2009
Ce fut une année de rencontre entre toutes les associations œuvrant pour la promotion de la langue et la culture Soninké en France et dans les autres pays pour ne citer que :
AFIAS représentée par son Président BOUBOU DIAWARA,
Association KANTAN SIGI représenté par son Président NIAMRY TRAORE,
Association SONINKARA.COM représenté par son Président FODIE CISSE
AJSF représenté par son Président BOULY SOUMARE
Association des artistes Soninké en France représenté par son Président BOUBOU SAMBA DIALLO
Association Soninkara Taalibo représenté par son Président KANDE SIBY
L’APS, l’association mère se réjouit de ces retrouvailles et de la conduite des actions en commun. Cela réconforte les uns et les autres dans leurs convictions.
L’ANNEE 2010
Année de la célébration du 30ème anniversaire de l’APS, cette célébration sera portée par l’APS association mère et toutes les associations œuvrant pour la promotion de notre langue et denotre culture. Cette célébration aura lieu le 22 et 23 Mai 2010 à Saint-Denis.
C’est l’occasion de faire le point et d’engager la réflexion quant aux nouvelles pistes de travail. Cette réflexion se poursuit en janvier 2010 lors du Festival International Soninké à Bamako.
CONCLUSION
Chers Frères et amis,
Les hommes soninké sont arrivés seuls, mais aujourd’hui beaucoup d’entre nous avonsété rejoints par nosépouses et nous avons eu des enfants qui ont eux aussi fait l’expérience de la vie en France.
Nos enfants sont bien ici. La France est leur pays. Ils sont aussi de chez nous, car l’Afrique tient à eux et a besoin d’eux.
Nos parcours de pères et de mères étrangers dans ce pays ont été difficiles. Ceux de nos enfants n’ont pas été toujours faciles, quoique natifs de la France et pour la plupart citoyens de ce Pays qui était souvent le seul qu’ils connaissaient réellement.
Ils ont subi et continuent de subir des discriminations en raison de leur origine, de leur couleur. En dépit de ces obstacles, beaucoup d’entre eux triomphent dans cette société, y conquièrent des positions respectables dans diversdomaines : scientifique, technique, politique, sportif, artistique et culturel.
Notre grand défi et notre véritable challenge sont que nos enfants portent très haut nos espoirs et tous ces rêves qui nous ont fait partir de notre Afrique de l’ouest. Ils sont ce que nous avons de plus chers. Ils sont notre avenir ici et là-bas.
Je vous remercie de votre attention.
Diadié SOUMARE
Le Président
Tchooo


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