Hommage de l'équipe de Soninkara.com au regretté Nabakha Camara |
| 06-08-2010 | ||||||||
Hommage de l’équipe de Soninkara.com au regretté Nabakha Camara, un collaborateur efficace et un travailleur honnête et infatigableIl est vrai que la mort, ce destin malin, cet épilogue de l’existence mondaine, est un itinéraire inévitable. Allah, Le Seul Être Éternel qui ne mourra jamais, nous l’a d’ailleurs dit dans le Coran, depuis le septième siècle après Jésus Christ, que : « Toute âme goûtera à la mort ». Toutefois, il y a des créatures dont la disparition demeure un événement qui marque à jamais les esprits, les institutions, les bonnes causes, les nations, bref l’humanité tout court. Nabakha Camara, par la dimension exceptionnelle de sa personnalité, par ses engagements associatifs, syndicaux et culturels, par son volontarisme et son militantisme, par sa grande ouverture d’esprit et son esprit positif, fait incontestablement partie de cette lignée et espèce humaines devenues rares de nos jours. Sa mort, survenue le 14 juillet 2010 en France, a plongé ses parents, ses amis, ses collaborateurs dans une grande tristesse.
Durant sa présidence, il a réussi à mobiliser beaucoup de gens et d’énergies autour de lui pour améliorer la condition résidentielle de son foyer auquel il tenait comme à la prunelle de ses yeux. Grâce à cette pression, ils ont réussi à écarter le patron d’ALPI, filiale de AFRP, qui avait la gestion dudit foyer de 1985 à 1996. Ainsi, de 1996 à 2006, soit une décennie, la gestion du foyer incombait aux résidents. Durant cette période, Nabakha Camara s’est distingué par son courage d’homme, son sang froid inébranlable, sa combativité, son honnêteté, sa probité morale, sa grande piété et son sens de responsabilité. Cet activisme a fini par payer quand on sait que les autorités ont fini par rénover leur résidence en la dotant d’une salle de prière qui accueille aujourd’hui des fidèles venant des différentes parties de la région parisienne.
Il est intéressant aussi de noter que Monsieur Nabakha Camara était également un membre actif du GRDR, du CGTM et tant d’autres associations qui militent pour le droit des immigrés ou qui contribuent au développement des pays du Sud. Il prenait une part importante aux associations de son village auquel il était particulièrement attaché et où il a été inhumé.
Au total, s’il est vrai que, comme le disait Frantz Fanon : « chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir »1 , on peut affirmer sans aucune marge de manœuvre de se tromper que feu Nabakha Camara n’avait pas trahi son extraction sociale, sa religion, sa culture, son rôle syndical, associatif et culturel. À ce titre, il était incontestablement un homme multidimensionnel qui savait s’adapter aux quatre saisons de l’année. Sa mort est une grande perte pour la communauté soninkée de France, mais également pour tous les immigrés à un moment où ils ont besoin d’un leader charismatique et intelligent à son image pour faire front aux mesures injustes et draconiennes avec lesquelles le Président Nicolas Sarkozy les irrigue à souhait. L’adage selon lequel : « Les gens utiles partent au moment où on a plus que jamais besoin d’eux », vient de se confirmer de nouveau avec la mort de ce digne fils du Guidimakha, de la Mauritanie, du pays soninké, de l’Afrique. Qu’Allah, dans Son Infinie Bonté et dans Sa Grande Mansuétude, ait l’âme de Nabakha Camara et lui accorde toutes les faveurs paradisiaques. En réalité, nous sommes à Allah, et c’est à Lui Seul que nous retournons. Cheikhna Mouhamed Wagué, Soninkara.com ___________ 1 : F. FANON, Les damnés de la terre, Paris, Editions La Découverte, 1961, p.151. Recommandez (0) | Citez cet article sur votre site | Suggérer par mail
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