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Mamadou Lamine DRAMÉ

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23-08-2006
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Mamadou Lamine DRAMÉ
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Souayibou en quittant Gori pour le fleuve, voulait éviter l'encerclement, mais Ahmadou a déjà, selon les sources françaises averti Reichemberg qui va à la rencontre du fugitif et met discrètement des tirailleurs sur les deux rives. Le fugitif veut traverser à Digokori, il est pris au piège au milieu du gué. Un véritable carnage s'en suivra après que les cavaliers soninkés se furent engagés dans le fleuve pour traverser, on leur tirait dessus des deux rives du fleuve. Le fils du marabout désespéré par le massacre de ses hommes se rend. Il sera jugé par une cour martiale composée de soldats et de traitants venus d'urgence de Bakel à cet effet. La cour est dirigée par le lieutenant Reichemberg qui obtient l'aval de Galliéni et du Gouverneur du Sénégal. Souayibou est condamné à mort.

Après la sentence il demande à Reichemberg : "pourquoi frappes-tu la main qui a exécuté, et non la tête qui a ordonné ?" Il reste serein et veut mourir avec dignité. Quand Reichemberg lui demande s'il n'a rien à dire il répond :
-Remercie le colonel de me tuer avec ses fusils et de ne pas me rendre indigne du séjour d'Allah". Exécuté, il est enterré sous un énorme baobab près de l'embouchure de la Falemmé devant Gouthioubé.

En juillet abattu par la mort de son fils, Mamadou Lamine Dramé demande sa soumission au Gouverneur du Sénégal à Saint-Louis, militaires et administrateurs commencent à jubiler... Mais de Toubakouta sa nouvelle capitale, il se ressaisit en réorganisant en peu de temps un empire entre la Gambie, le Saloum, et le Diakha avec de nouveaux guerriers du Niani, du Saloum, et du Sandigui venus grossir les rangs des Soninké. Une expédition est envoyée contre le Ouli avec destruction de Nétéboulou qui n'opposa pas une résistance farouche mais dont le roi a été néanmoins exécuté avec le reste de la famille royale. En septembre 1887, il est devant Macadiacounda autre gros village du Ouli qui est assiégé et détruit à son tour.

Retour de Galliéni le 11 nov. 1887... à Bakel, où une délégation du Ouli venue réclamer la protection des Français est reçue. Galliéni installe le capitaine Fortin au Bani à la tête de deux compagnies de tirailleurs et d'une section d'artillerie destinées à former la puissante colonne volante de Gambie qui doit désormais être à la fois discrète et mobile. Fortin est chargé de ramener Mamadou Lamine Dramé "mort ou vif". Il a sous son commandement 250 hommes armés des nouveaux fusils Kropatscheks avec 200 cartouches par soldat deux canons de 80 mm de montagne avec 100 coups par pièce et les cavaliers du Boundou commandés par Ousmane Gassi.

Fortin quitte Niériko le 28 nov. pour Toubacouta dans le plus grand secret. Dès le 3 décembre il est proche de la ville, le 4 il est Barocounda, la troupe est cachée en brousse. Le 5 il est à Siné. Il demande aux villages du Niani de surveiller tous les gués du Sandougou et demande au roi du Fouladougou Moussa Molo sur la rive gauche de la Gambie de s'avancer sur Toubacouta par le sud et l'est, la colonne française arrivera du nord... Mamadou Lamine Dramé ne pourra plus fuir comme il y a un an en décembre 1886 à Diana.

La nuit du 8 décembre la troupe est devant Toubacouta, mais Mamadou Lamine Dramé a quitté le village sur conseil de Ahmadi Boré vers le Sandougou. Mamadou Lamine avait reçu un message que les Blancs faisaient mouvement vers Toubakouta sans que nul ne sache où ils étaient et à fortiori s'ils étaient déjà devant les portes de sa cité... Il n'avait pas de services de renseignements efficaces.

Les Français s'installent sur la colline et le 8 au matin, quand Ousmane Gassi atteint la crête de la colline qui surplombe le village, l'alerte est donnée dans le village. Les guerriers soninké se lancent à l'assaut de la colline. Il n'étaient qu'à quelques mètres des troupes françaises quand les principaux chefs sont tués (dont Souraxé Diawara et Ahmadi Boré) alors qu'ils avaient presque vaincu... Ils se replièrent brusquement dans le désordre, poursuivis aussitôt par Ousmane Gassi jusqu'au village, à dix heures du matin Toubacouta était à feu et à sang, c'est la victoire quasi définitive des Français sur les troupes du prophète. L'absence du prophète a été catastrophique, et aurait permis de galavaniser les troupes et de faire largement la décision.
Mais au lieu de cela, Mamadou Lamine Dramé s'engage dans une course folle pour sa survie à travers son propre royaume, où un travail de dissuasion en profondeur a été discrètement effectué par les services de renseignement de Galliéni en direction de tous les villages. Par ailleurs les pièges militaires placés le long des passages inévitables et des gués ont parfaitement fonctionné. Rejeté par les villageois par peur de représailles françaises, traqué sur les quatre point cardinaux par des hommes armés par Fortin, ses talibés les plus fidèles morts de fatigue dans une course-poursuite sans trêve, Mamadou Lamine Dramé n'est plus qu'un homme traqué par les armées coloniales et leurs alliées autochtones.



 
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