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Page 6 sur 14 A Bakel, le 29 avril, on fait le bilan des opérations dans une partie du Guidimaxa et du Kamméra, sont présents ce jour : Frey, Combes et Lefranc principalement. Après les départs de Mamadou Lamine Dramé et de son fils il faut maintenant "s'occuper" rapidement du Goye et du Guidimaxa et y briser toute velléité de résistance. Sur instructions du marabout, les populations avaient traversé le fleuve pour aller s'installer sur les bords de N'Gorlou, un marigot de la rive droite entre Tuabou et Manaël. Dès le 30 avril, Frey en personne dirigera les opérations militaires contre les 2000 guerriers soninké chargés de protéger les civils. Attaqués par surprise au niveau de Tuabou sur( la rive droite, ils se dispersèrent dans le Guidimaxa après plusieurs heures de combat. Ousmane Fall interprète du poste de Médine sera chargé après la défaite de rançonner les populations du Goye ; il revient à Bakel avec 2000 têtes de bétail et des centaines de prisonniers. Le 2 mai, les stocks d'arachides et de mil de Diawara sont pillés et évacués vers Bakel. Selon les griots, les métaux précieux soutirés aux populations vaincues reviennent aux Français, le bétail, les esclaves, et surtout les femmes, sont répartis entre les Africains en fonction de leur degré de collaboration... Combes après la bataille de N'Gorlu alla rencontrer Abdoul Boubacar roi du Fouta de passage à Dembacané à qui il promit oralement (promesse qui ne lui coûte pas un clou) la cession du Damga en contrepartie de son engagement auprès des Français dans le Guidimaxa. Il envoie aussitôt un contingent de 2000 hommes qui se présentera dès le 22 mai face à Samba Kandji abandonné par ses habitants. Ce même 22 mai après Guémou, les troupes coloniales dirigées par le colonel Frey et les auxiliaires du Fouta entrent à Coumbadao également abandonné de ses habitants mais qui sera tout de même incendié. La colonne meurtrière de Frey après avoir dévasté l'ensemble du Guidimaxa, atteindra Kayes fin juin. Nous noterons que les Maures qui connaissent bien le Guidimaxa, lui serviront de guides dans ses expéditions de "pacification" à travers toute cette région durant les mois de mai et juin. Au total après la bataille de Bakel, Frey a brûlé une centaine de villages. Il a surtout cherché à affamer ce qui restera des 50 000 Soninké qui auraient, selon lui, tous soutenu Mamadou Lamine Dramé ; on comptera 3000 à 6000 tués sans compter les blessés qui se comptent aussi par milliers ; ne sont pas comptés les victimes des épidémies et des famines causés par le pillage ou la mise à feu des greniers et des habitations. Du côté des colons, on dénombre 138 Européens morts, 65 tirailleurs tués (chiffres invraisemblable quand on sait que le système du "Carré" expose d'abord les auxiliaires, puis les tirailleurs et ensuite seulement les Européens qui sont au centre... du Carré). Après la mise à sac du Boundou, Mamadou Lamine Dramé se dirige vers le sud, s'installe à Diana dans le Diaxa, à 240 km de la Falémé. Dès la seconde quinzaine de juillet 1886, il attaque à nouveau le Boundou en partant de sa retraite de Diana, afin de libérer la route de Bakel en vue du projet de jonction avec Souayibou selon une idée de Souraxé Diawara ;peut-être aussi pour sonder les lignes de défense françaises ? ou laisser s'aguerrir et s'enrichir ses soldats ? Omar Penda roi du Boundou est capturé à Ficha à 40 km de Sénoudébou et est exécuté. Le 22 septembre le marabout soninké attaque Samba-Kolo dont la population fuit en direction de Sénoudébou. Le 23, il attaque Sénoudébou défendu par Yoro-Coumba et le sous-lieutenant Laty . Yoro Coumba sort du Fort et va à la rencontre du marabout avec une centaine de tirailleurs armés de fusils Gras. Mamadou Lamine Dramé se retire avec quelques pertes. La capitale du Boundou, Boulébané, est de nouveau occupée en octobre 1886.
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