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Page 5 sur 14 Selon les versions de notre oncle Samané Sy et de Dogo Diawara, l'attaque n'a eu lieu que le samedi (3 avril) et seul le sud a tenu, le nord et l'ouest ont cédé. D'après le récit de Samané Sy les Bakélois ont envoyé des repas de bienvenue aux troupes le vendredi 2 avril ... Ce qui suppose que les soldats du marabout étaient devant les portes de la ville depuis au moins jeudi 1er avril 1886. Ce propos contredit la version française d'attaque les 1er 3 et 4 avril. Selon lui, une délégation composée du chef de village Diabé N'Diaye, du commandant du fort Lefranc, et du notable Aly Camara, s'était rendue à Fandalé pour sonder les intentions du marabout envers Bakel. Ils auraient été reçus à coup de fusils par les talibés qui les ont reconnus pour avoir fait leurs études coraniques à Bakel (cf texte intégral de Samané Sy). Mamadou Lamine Dramé après le 4 avril renonce à s'emparer du fort. Il divise ses troupes en deux, une moitié continue le siège et l'autre moitié va à la rencontre de la deuxième Compagnie de tirailleurs composée d'un détachement d'infanterie et d'une pièce de canon venant de l'expédition du Niger renforcer les troupes de Bakel, un léger accrochage eut lieu à Boula, plaine inondable du sud de la ville. On sait que la troupe était essentiellement composée de gens du Jafunu du côté des forces du marabout, d'où l'dée répandue que Folo-Bou est la tombe des Jafunankos. Après la bataille de Bakel dirigée par Souraxé Diawara, Mamadou Lamine Dramé prend la route du Kamméra en partant de Balou le 12 avril pour arriver aux environs de Kayes le 19. Mais les 21 et 22 avril, le lieutenant-colonel Frey brûle et rase son village natal Goundiourou, puis Maxana, Dramanné sur la rive gauche. Le marabout et tous les Soninké, la rage au coeur, attaquent les Français à Tambokané fortifié par Frey mais le marabout ne réussit pas là aussi à faire la décision... Il retourne alors à Bakel et se propose d'aller conquérir Gamon et le sud-ouest, ensuite, il reviendra en force rencontrer son fils Souayibou qui restera sur la rive droite du fleuve pour réorganiser la résistance. A son retour, ils prendront les Français en étau entre le Guidimaxa et le Gajaga (en avait-il trop dit en écrivant une lettre dévoilant son plan aux Français ? Frey avait-il besoin de tels arguments pour poursuivre sa politique de terre brûlée ?). Il demande aux troupes du Gajaga d'attendre le retour de Souayibou en face sur le fleuve, de Tuabou à N'Gorlou (peut-on rester longtemps hors de son village jusqu'à une date indéterminée ?) et celles du Kamméra de Bakel à Kayes. De Bakel Souayibou se rendra au Jafunu sur la rive droite tandis que son père prendra la route du Boundou. Mamadou Lamine Dramé lève le camp de Balou le 23 avril, et le 24, il arrive à Kidira. Il n'eut pas le temps de s'asseoir dans la case préparée pour l'accueillir, qu'une des deux colonnes françaises dirigée par le commandant Houry (l'autre commandée par le commandant Combes sévit sur le fleuve avant de bifurquer sur l'affluent à l'ouest), envoyées à ses trousses dans le plus grand secret par Frey attaquent les 500 cavaliers et 200 à 300 fantassins de Mamadou Lamine Dramé, plus les porteurs, les femmes et les troupeaux du marabout... Protégé par ses fantassins, Mamadou Lamine Dramé monte précipitamment à cheval au milieu de ses cavaliers sous le feu nourri des spahis suivis des auxiliaires de Ousmane Gassi arrivé de Bakel avec Frey en personne. Par manque de vigilance le bilan de Kidira après cette attaque surprise est catastrophique pour le marabout qui perd plusieurs de ses fantassins, 600 captives..., le bétail. Dans le butin on compte sa bibliothèque personnelle, jadis portée par 24 personnes qui est également confisquée par Frey. Le 25 avril les Français sont à Sénoudébou sur les traces du marabout, mais pour la première fois la ville est brûlée à titre d'avertissement à l'intention des Français afin de les faire réfléchir sur leurs actes criminels commis à l'encontre des populations du Guidimaxa et du Gajaga. Le lieutenant-colonel Frey revient à Bakel, mais on notera qu'entre le 10 avril et le 24 mai des opérations de guerre larvée sont menées contre le Gajaga et le Guidimaxa où les Français pratiquent "la politique de la terre brûlée". Mais auparavant ils se sont assurés de la neutralité active de Ahmadou surtout au Jafunu où, après avoir reçu une lettre de Frey l'invitant à réprimer le Guidimaxa, le souverain toucouleur se dit occupé au Karta... Ce qui laisse le champ libre aux Français dans le Guidimaxa...
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