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Mamadou Lamine DRAMÉ

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23-08-2006
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Mamadou Lamine DRAMÉ
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Retour fastueux à Goundiourou où il est reçu par le roi du Khasso Dioukha Sambella. Sa renommée est déjà grande dans tous les pays soninkés. Avant son départ pour le Niger, Frey convoque Malamine à Kayes pour s'assurer de ses intentions pacifiques. Le marabout le rassure et lui fait part de son intention de se rendre à Bakel pour une visite de courtoisie. Il a l'aval du lieutenant-colonel à condition que ses accompagnateurs ne soient pas armés.

Début décembre 1885, il quitte Goundiourou pour se rendre à Bakel. Il passe par tous les village du Kamméra et du Goye supérieur où il est reçu avec faste, en particulier à Dramanné célèbre village de marabouts soninké et à Lany Mody village des non moins illustres Khontélankos. A Bakel, il rend visite au commandant du fort et réaffirme ses intentions pacifiques envers les Français.

Mais la région avait connu des troubles dans les années soixante-dix notamment avec le commandant Zimmerman qui a fait frapper des notables de Bakel et menacé de brûler des villages. Cette région de l'aveu même de Frey "n'était plus sûr pour les Français" et n'avait donc pas pansé ses plaies. Frey est d'autant plus préoccupé qu'en Europe la Conférence de Berlin vient de s'achever et la course poursuite pour les conquêtes territoriales est bel et bien engagée entre les puissances impérialistes européennes...

Quant à Mamadou Lamine Dramé, aussitôt après cette visite de courtoisie à Bakel, il se rend une première fois chez Sina Hawa roi du Goye inférieur à Tuabou pour lui demander une armée. Celui-ci s'était déjà rendu à Bakel pour mettre en garde les Français contre le prosélytisme du marabout mais il lui a été signifié que Mamadou Lamine Dramé ne veut attaquer ni les Français, ni les royaumes musulmans environnants ( Guidimaxa, Gajaga, Boundou , Fouta, Jafunu, etc.) Le Tunka après avoir opposé une fin de non recevoir à sa requête, finit par y consentir du bout des lèvres.

Il mit sur pied une armée de 2000 hommes au début du mois de janvier 1886 (A. Bathily soutient que c'est à Diawara que se situe son Quartier Général, mais ce n'est qu'après les batailles du Boundou et de Koughani qu'il installe une partie de son armée au Goye inférieur entre Manaël et Diawara). Profitant du décès de Boubacar Saada, l'Almamy du Boundou, survenu le 18 décembre 1885, il se rend ensuite à Balou d'où il enclenche une intense campagne de prêche du "Jihad" et se proclame "Mahdi de l'Ouest." Le marabout soninké s'adresse au début du mois de janvier 1886 au nouveau roi du Boundou Omar Penda, aveugle et déjà affaibli par la lutte de succession au pouvoir avec Ousmane Gassi l'énergique fils de son frère défunt.

Avant l'attaque du Boundou, à Balou, Mamadou Lamine Dramé reçut la visite du commandant Lefranc et de quelques traitants de Bakel, qui lui recommandèrent vivement de renoncer à son projet d'aller à Gamon "combattre les infidèles". Tout en refusant, il ne comprend pas la défiance des Français et du roi du Boundou à son égard car soutient-il, ils n'ont rien à craindre.

Le prophète demande alors au nouveau roi du Boundou l'autorisation de passer sur son territoire, mais celui-ci met en avant les accords d'alliance conclus avec les Français selon lesquels aucune armée ne doit traverser son territoire sans l'accord de ses alliés.
"Alors, lui dit le marabout, prends ton chemin et laisse moi passer sur celui de Dieu." Rien n'y fait, la réponse reste inébranlablement négative.

A titre préventif Oumar Penda quitte Sénoudébou pour Boulébané mieux protégé et en meilleur état de défense. Le marabout rentre à Sénoudébou sans un coup de fusil. Ousmane Gassi est à Dianwéli où ira camper le chef religieux. Le prince du Boundou refuse de recevoir Mamadou Lamine Dramé qui brûle le village, Ousmane Gassi se réfugie à Bakel où il fut bien reçu. Après Dianwéli, Boulébané est encerclé et détruit à son tour en janvier, le roi s'enfuit vers le Fouta (?) en Février 1886.
A Goundiourou village natal de Mamadou Lamine Dramé, sa maison est encerclée et prise d'assaut par la 2è compagnie de tirailleurs commandée par le capitaine Ferrat. Trente quatre personnes sont arrêtées manu militari et transférées à Kayes, c'était le 13 mars 1886.



 
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