|
23-08-2006 |
|
Page 10 sur 14 Les Guerriers BATHILY de TUABOU arrêtés ou morts par inanition après le siège de BAKEL. Une vingtaine sont de Tuabou et dans tous les villages du Goye on en fit autant. Madi Xumba Torodo Ciré Khoumba Boubou Founti (Taghala-ka) Diabé Konko Madi Konko Silman Sindé Ciré Khoumba D'autres guerriers présents à N'Gorlou ont été ratissés après leur retour dans les villages et emprisonnés à Bakel ceux cités ci-dessus ; ils y ont été torturés à mort bien que Frey leur ait promis qu'il ne leur arrivera rien s'ils rentraient tranquillement dans leurs villages respectifs... Bacary Soulé N'Diaye de Bakel qui prendra le parti de Tuabou sera assassiné sous son moustiquaire à son retour de maquis à Tuabou où on envoya un esclave des N'Diaye l'espionner. Le roi Moussa Kissi le successeur de Sina Hawa sera arrêté et assassiné par les Français pour ne pas avoir livré Bacary Soulé. Quant à Baraka Gallé et Mody Jama, ils ont refusé de revenir à Tuabou après l'évènement, bien que Mody Jama fût le préposé Chef de village après Sina Hawa. Doctrine religieuse de Mamadou Lamine Dramé Mamadou Lamine Dramé est surnommé le favori de Dieu (Allah komo ciré). Il commence à prêcher le Jihad après la visite du commandant de Bakel en décembre 1885. Il est proche du Tidjanisme d'El Haj Omar Tall, mais s'en éloigne par les réformes de la "tarikha" (voie à suivre, conduite) et du "dzirh" (chapelet ou formule d'oraison de la prière). Mais l'esprit révolutionnaire du Tidjanisme est conservé par rapport au Kadérisme. Il abrège la prière ( à cause des voyages et de la guerre ?). Il écrit un ouvrage méconnu "Au bonheur des âmes dans la prière abrogée, elle n'est pas un pêché". Il a le "karama" plus une bibliothèque. Selon la légende, un jour ils étaient quatre à demander à Allah un voeu qui leur était cher. Devenir chef d'école coranique supérieur (ou moïssi) dirent les trois compagnons de Mamadou Lamine Dramé que sont - Amara Jaaxo de Koughani ( grand père d'El Haj Hamidou Tandjigora) - Fodé Idrissa de Bangassi (installé ensuite à Sarnati et Waoundé ?). - Alxali Janguina de Lani - Quant à Cheikh Mamadou Lamine Dramé il déclara : "Je veux diriger une armée de croyants pour aller convertir les infidèles" demanda t-il à son Dieu. En un mot, disons que Mamadou Lamine Dramé n'est pas l'auteur d'une doctrine politique, religieuse, ou laïque, mûrement élaboré et mis en pratique à travers une action de masses. Politique d'alliance dans son combat contre les français Dès le départ on note quelques erreurs : • La stratégie de neutralisation des Français aurait peut-être mieux marché s'il n'avait pas prêché le Jihad immédiatement après sa visite au commandant Lefranc à Bakel en décembre 1885 à qui il avait donné des garanties contraires. C'est l'attaque des soldats français au niveau du gué de Sassi Maxana le 14 mars 1886 entre Bakel et Koughani qui mit fin au doute des Fraçais quant aux véritables intensions du marabout. • Par ailleurs l'attaque du fort de Bakel le 4 avril 1886 a été, en mon sens, une grande erreur stratégique de Mamadou Lamine Dramé; elle est venue conforter les convictions fraçaises que Mamadou Lamine Dramé était un ennemi potentiel de l'oeuvre de colonisation, bien qu'elle ait surpris les N'Diaye de Bakel qui ne croyaient pas qu'un des élèves de la Grande école coranique de Bakel allait attaquer leur ville (cf. texte de Yaya Sy : "La Bataille de Bakel" ). Cependant, il aurait pu se contenter de la défaite du Boundou et continuer son chemin vers Gamon où il avait l'intention de se venger de l'humiliation d'emprisonnement qu'il avait subie quand il avait jadis 20 ans lors de la entre le Kamméra et le Tenda.
|