Les coups de feu se mirent pétarader de tous les cotés... taw, taw, taw. Ils firent demi tour à grande vitesse... Le Commandant rentra au fort avec son cheval sans ralentir. Diabé est rentré chez lui, de même que Ali Camara et Boubou N'Diaye de leur coté. Le fort de Bakel, en 1886 était sous les ordres du Commandant La Frey.
Le Commandant se mit sur une de ses fenêtre pour héler Diabé le chef de village : -Alors Diabé! Ce que ton frère avait prédit s'est réalisé n'est-ce pas ? Sache que moi je suis né à Paris, je suis suis un pur Parisien... mais c'est ici, à Bakel, que je mourrai aujourd'hui. -Si toi tu t'exprime ainsi, que dois-je dire moi ? répondit Diabé.
Bakel se mit à s'activer en catastrophe pour préparer sa défense.
A l'époque, il y avait un traitant à Buhan et Teisseire, la maison de commerce qui se trouvait à côté de la Grande Mosquée, il s'appelait Thiaman Samba Souéidane, un homme courageux, c'était un Saint Louisien. Il fut le premier à se mettre en selle et à sortir de la ville du coté de Modincané.
Arrivé sur à Garcy au pied de la colline il rencontra le gros de la troupe et fut immédiatement abattu. Thiaman Samba Souéidane, un fils de Saint-Louis, fut la première victime de la bataille de Bakel. Les troupes du marabout pénétrèrent par Modincané et N'Diayega, mettant le feu à la ville [1]. Les soldats qui ont essayé de rentrer par Guidimpallé ont essuyé le canon de 75 mm et n'ont pas réussi leur percée. Les deux autres corps d'armées se sont rencontrés à la grande place (actuelle place de l'indépendance). La ville était en flamme de Modincané à N'Diayega. Ils tentèrent ensuite de rentrer dans le fort pour y capturer le Commandant. La résistance se regroupa et tint bon autour du fort et à la place. Le marabout se retira faute de pouvoir venir à bout de la résistance acharnée des Bakélois.
Ce jour-là Ousmane Gassi à la tête des résistants fit ce qu'il fallait faire pour défendre Bakel. Le marabout passa sous Bella (colline située au sud-ouest de la ville). On le poursuivit jusqu'après Koughani ". Bakel juillet 1976. N.B. : Le marabout attaquera Sénoudébou en juillet 1886 et brûlera le fort. En septembre de la même année il revient à la charge du Boundou, capture et décapite Omar Penda le roi de Sénoudébou. Après plusieurs péripéties, il sera capturé le 12-12 -1887 dans le village de N'Goka-Soukota à la frontière avec la Gambie par les soldats de Moussa Molo après la bataille de Toubakouta du 8 au 12 décembre 1887. Dans cette dernière bataille contre le marabout soninké, les Français étaient épaulés par les 2000 guerriers de Moussa Molo, les cavaliers de Ousmane Gassi (celui-là même qui prit part à la bataille de Bakel à coté des Français), les auxiliaires du Boundou et de Ouli dont les royaumes furent détruits par le marabout.
1. A l'époque il n'y avait pratiquement que des cases à Bakel, hormis les comptoirs français commerciaux et les forts