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Vieux 31/10/2006, 11h46  
Cisko
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Par défaut Re: Absence de clips soninké!!!

Bonjour les amis!

C'est effectivement presqu’ une première, la diffusion d'un des clips de Demba Tandia sur RTS1, à peine une minute! Une apparition furtive sur le petit écran sénégalais d'un artiste Soninké, c'est réellement un fait qui relève de l'insolite et du rarissime et pourtant des artistes Soninkés, il en existe beaucoup! Peut être aurons-nous le plaisir de découvrir d'autres? En tout cas, quoique l'on puisse dire, il est grand temps que musiciens, artistes Soninkés et producteurs travaillent main dans la main afin de retrouver la place qui est la leur au sein des médias nationaux. Il ne faut pas que les uns et les autres soient uniquement guidés par des objectifs de gains ou de profits, il faut surtout penser à la promotion de la culture.

Au Mali, «Top Etoiles», une émission télé consacrée à la promotion artistique passant sur CFI, TV5, occasionnellement sur RTS1, très écoutée et regardée sur le petit écran ; a-t-elle eu la visite d’artistes ou musiciens Soninkés ? J’imagine que non ou timidement ! Le Mali est pourtant une terre fertile à la musique et aux artistes soninkés. Diaby Doua, les frères Mademba Konté, Ganda Fadiga et tant d’autres qui ont donné leurs lettres de noblesse à la musique Soninké, ne sont-ils pas tous des fils du Mali ou d’origine ? Pourquoi alors cette absence notoire ? J’allais dire pourquoi ce vide Soninké ? ! Au rendez-vous du donner et du recevoir, la culture Soninké doit, comme toutes les autres, être présente. Elle n'a rien à envier aux autres, encore moins, n'a pas à se recroqueviller sur elle-même; elle doit, tout au plus, jouer la partition qui lui est propre.

Pour cela, les Soninkés doivent élaguer, sans nul doute, certaines attitudes synonymes de désintéressement, de défection voire d'effacement par rapport à ce qui se passe autour d'eux, cette façon de dire "nfi a tey ; a ma bagi i nda ; nhaaju a tey ; nxa tela a muuru " : ce n'est pas mon affaire, cela ne me regarde pas, cela ne m'intéresse pas, moi aussi, il faut que je parte la chercher (sous entendue la fortune)...cette façon là, elle nous a valu une moindre prise en compte de nos aspirations dans la vie socio-économique, culturelle et politique dans les différents états de la région ouest africaine où il y a des Soninkés. Cette impression des Soninkés de se suffire à eux-mêmes parce que disposant d'un hypothétique pouvoir d'achat remarquable suite à l'émigration vers les pays occidentaux, qui, malheureusement, concentrent à bien des égards à leur profit, toutes les forces vives ainsi que l'essentiel de la matière grise issues de nos pays. Ce pouvoir d’achat, peut être même qu’il faut le relativiser car, à contrario, c’est au prix d’énormes sacrifices, de privations voire de galère que la «petite fortune» est envoyée aux pays alors que sur place, c’est à dire en Europe, l’on ne peut satisfaire à tous ses besoins !!!

Le département de Bakel, contrée des Soninkés au Sénégal, le Guidimakha en Mauritanie pour ne citer que ces deux zones, affichent brillamment leur manque criard en terme d'infrastructures socio-économiques de base. Les écoles, les dispensaires voire l'adduction en eau potable (forage, puits), les lieux de culte sont souvent des actions à mettre à la solde des populations expatriées qui, pour beaucoup, sont organisées en associations villageoises.

L'enclavement est le maître-mot dans les zones à forte dominance Soninké : aucun réseau routier, en toute saison et en tout temps, n'est praticable dans ces zones. Pour exemples, dans le Bakel, quel calvaire ou parcours du combattant, ne fera–t’on, s’il s’agit de joindre Bakel-Gandé ou Bakel-Ballou, en hivernage, impossible de s’aventurer sur ces axes routiers, le recours à la navigation fluviale est sine qua none. De la même manière, le Guidimakha, toute une région est enclavée, c’est un véritable suicide que d’emprunter l’axe routier Nouakchott-Sélibaby, particulièrement le tronçon Kaédi-Sélibaby, en période d’hivernage, la montagne de Mbout, l’oued Garfa ou Boudamé ont été le cimetière de bien de passagers, que de drames et d ‘événements malencontreux ! La liste est loin d'être exhaustive !

Alors, il urge de dégommer de nos comportements ce renoncement à ce qui se passe autour de nous, d'arrêter cette saignée en direction des pays du nord, au moment où la xénophobie va crescendo à travers des concepts comme "immigration choisie", ’’immigration régulée’’, ‘’immigration zéro’’ posant de facto toute la problématique de l’acceptation et de l’intégration des populations immigrées ainsi que leurs corollaires de maux inexplicables, de souffrance incommensurable, de mal-être indicible, de déstabilisation irréversible des familles africaines installées dans les pays européens.
Seule une implication effective à la vie politique dans nos différents états d'origine nous permettra de prendre la place qui est la nôtre. Une chose est sûre : personne, je dis bien, personne ne se battra à nôtre place pour la chose qui nous est due, quel qu'en soit le domaine. Autrement, qui mieux que les Soninkés peuvent s’octroyer ce qui leur revient ? Il appartient à ces derniers, main dans la main, pour le pire et pour le meilleur, de travailler pour une prise en compte effective de leurs aspirations, sans cela, ils peuvent toujours se contenter de regarder les autres, de lécher les vitrines, ce qui est fort regrettable !!! Soninko, ha giri sigi, taqe a dangi !!!!!!!!
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