Abdoulaye Camara, dit Diaby Doua est Soninké, originaire d'une petite ville proche de Kayes au Mali. A 14 ans, il apprend à chanter en s'accompagnant du molo, petit instrument monocorde fait d'une demi calebasse et d'un manche en bois. Il se l'est fabriqué lui-même et a appris en cachette de son père, un cultivateur qui refusait catégoriquement que son fils joue de la musique. A 20 ans, Diaby part chercher du travail au Sénégal puis en Gambie. En 1974, il s'expatrie en France, où il va vivre la vie des travailleurs émigrés.
En partant, Diaby a mis son molo dans son sac. Un soir du mois d'août où la chaleur lui rappelle le pays, il prend l'instrument et va s'asseoir en bas, dans la cour du foyer, où il se met à jouer. Au son du molo, Harouna-Sidibé s'approche. Lui aussi sait chanter ces vieux airs-là. Il a d'ailleurs emmené son karoni, une petite guitare à trois cordes. Et les voilà qui jouent ensemble. Des hommes s'approchent et hochent la tête, bercés par les chants du pays.
Pionniers des musiques africaines en France à la fin des années 70, Les frères Toure Kunda sont tous simplement un des groupes clefs et essentiels de cette nouvelle France multiculturelle qui rayonne aujourd’hui bien au delà de la musique.
On raconte que leur aïeul, venu du Mali, se serait un jour installé à Ziguinchor, capitale de la Casamance, pour les crocodiles pullulant dans cette région de mangroves et de bras d’eau. L’ancêtre en question était un colporteur-cordonnier à la recherche de peau nécessaires à la pratique de son métier. Si les Touré Kunda sont restés des colporteurs d’histoires et de musiques déclinées en soninke, wolof, mandingue, dioula, créole portugais, ils ont en revanche adopté comme emblème un tout autre animal : l’éléphant. Et cette famille éléphant (Touré Kunda en soninke) est sans aucun doute le groupe le plus emblématique de cette world music qui vit le jour en France au tournant des années 1970/80. Sans eux, on peut même dire que beaucoup d’artistes venus d’Afrique n’aurait jamais pu et su profiter de l’attention des compagnies de disques.
De la cordonnerie à la musique
Le groupe est formé des jumeaux Ismaïlia et Sixu Tidiane nés à Zinguinchor en 1949, à 22 jours d'intervalle selon la légende. C'est leur aîné Amadou, premier de la lignée de cordonniers à pratiquer la musique, qui les initie.
Demba Tandia répond aux questions de Soninkara.com
30-01-2007
Ecoutez l'interview audio que Demba Bilaly Tandia, l'un des plus grands chanteurs Soninké de notre époque, a accordé à Soninkara.com. L'artiste, après avoir passé un Live CHAT avec les Soninkaranautes ® a accepté de répondre verbalement aux questions de Soninkara.com.
Né sur les rives du fleuve Sénégal, fils d'un membre du groupe culte Touré Kounda, Daby Touré grandit dans un petit village de Mauritanie. Sous la pression des conflits ethniques qui secouent le pays, Daby suit son père à Paris à la fin des années 80.
Cette période sera riche en découvertes mais aussi en concerts. C'est également de cette époque que date la sortie de l'album Laddé, réalisé avec son cousin Omar sous l'appellation Touré Touré. Première reconnaissance du public mais expérience unique pour Daby qui voit dans ce projet une filiation encore trop évidente avec la musique de ses aînés. Il se souvient alors des sonorités très typiquement africaines qui ont baigné son enfance, mais aussi d'une certaine radio locale qui lui permit d'apprivoiser le son de Bob Marley, Police et autres Dire Straits. 2004 voit naître son premier projet solo, Diam (« Paix »), mélange d'une pop-folk aérienne finement ciselée, chantée en wolof, soninké ou pular.
Les Echos du 22 janvier 2007 Prévue en novembre dernier, la première édition de « Jamal Poï » (les journées d’hommage à Ali Farka Touré aura finalement lieu en mars prochain (du 3 au 8 mars 2007). L’assurance a été donnée par le comité de pilotage lors d’un point de presse qu’il a animé samedi dernier à l’Espace Bouna. "Ali Farka Touré était un soldat qui a porté haut le flambeau du Mali. C’était un Soundiata des temps modernes.
Cet hommage s’imposait donc à la nation malienne pour célébrer ce grand homme et magnifier son œuvre". Ces propos d’Adama Koly Coulibaly, président du comité de pilotage des journées d’hommage, font non seulement le parallèle entre la date de ce point de presse avec la fête de l’armée malienne (20 janvier), mais situent également l’événement dans son contexte historique et culturel.
Faisant le point du chemin parcouru pour l’organisation de Jamal Poï, Boubacar Belco Diallo (directeur du comité de pilotage) a justifié le report de novembre 2006 à mars 2007 par la volonté de mieux l’organiser et surtout de le faire coïncider avec le 1er anniversaire de la disparition d’Ali Farka Touré (AFT) arraché à l’affection des mélomanes le 7 mars 2006. « Nous avons reculé pour mieux sauter afin de dignement célébrer ce digne fils de l’Afrique à travers sa vie et son œuvre », a expliqué Belco Diallo.